L’Université, comme lieu de savoir théorique cloisonnant les disciplines dans un entre-soi de confort, a vécu. L’hyper complexité d’un monde d’où a disparu toute velléité de se concevoir comme centralité indépassable, a fait la fortune du terme gouvernance. C’est-à-dire le lieu et le moment où les acteurs, les groupes sociaux et les institutions se liguent dans un processus de coordination pour des objectifs définis et débattus collectivement.

L’architecture des campus s’est elle-même physiquement pliée aux exigences fortes d’une époque d’ouverture tous azimuts. Les remparts ont cédé et un souffle nouveau, puissant, balayant les certitudes doctorales, ouvre au local, aux régions, aux villes, aux quartiers même. Les décisions s’autonomisent, l’espace de formation s’assigne des missions d’insertion professionnelle et sociale et se propose comme réceptacle de nouvelles ambitions entrepreneuriales. Dès lors, l’entreprise, justement, acquiert une nouvelle légitimité en matière de formation et de professionnalisation. Encore fallait-il ajuster le curseur au niveau requis par l’adaptation à la stratégie nationale de développement durable. Le désengagement progressif, gradué, méthodique, de la dépendance aux hydrocarbures y contribuera.

Le Président de la République a convoqué un Conseil restreint consacré à la politique nationale dans le domaine du gaz. A cette occasion, le développement des énergies renouvelables a été élevé au rang de priorité nationale. Plus qu’une orientation de circonstance, il s’agit d’une injonction du chef de l’Etat à tous les acteurs à se mettre en ordre de bataille. Dès lors, le partenariat triangulaire associant les universités, les entreprises et les pouvoirs publics, qui a fait le succès de nombreuses régions dans les pays développés, devrait accompagner ce qui, à l’analyse, ressemble fort à un véritable changement de paradigme. Ce n’est pas ici que l’on s’en plaindrait.

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