Il est un fait que l’irrégularité des saisons de croissance, le stress hydrique récurrent (L’ONU estime qu’en 2025, l’Algérie fera partie des 25 pays africains qui souffriront de pénurie d’eau) et les vagues de chaleur, perturbent le cycle des cultures. L’impact considérable du dérèglement climatique sur l’agriculture n’est donc pas une vue de l’esprit. Les changements de pratiques, de variétés ou d’associations de cultures devront être adaptés aux conditions locales. En outre, il est nécessaire d’inventer des solutions à l’échelle des territoires en tenant compte de leur multifonctionnalité, depuis la production alimentaire et énergétique jusqu’à la qualité de l’environnement. Il est mort le temps de la gestion à courte vue et de l’administration à la petite semaine.
Voici venu le temps de la raison et de l’anticipation. Une production céréalière efficace, durable et résiliente requiert un renforcement des connaissances sur les saisons de culture, une amélioration des systèmes de rotation des cultures, ainsi que le recourt à des systèmes de gestion adaptative de l’eau et des prévisions météorologiques moins approximatives. Ailleurs, dans certaines régions, des agriculteurs modifient leurs périodes d’ensemencement afin de faire face aux nouvelles conditions locales. L’amélioration des machines, l’utilisation des techniques telles que la semence à l’état sec ou le trempage de semences favorisent l’ensemencement précoce.
Que les politiques s’avisassent d’assurer seulement la sécurité alimentaire et d’augmenter la production agricole, ce serait encore insuffisant. Il s’agit d’avoir à l’esprit une approche intégrée qui devra tenir compte à la fois des moyens d’existence, des répercussions sur les populations et de la préservation de la biodiversité.

Mohamed BENELHADJ

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