Dans cette 2ème partie l’auteur définit les limites qu’impose le réalisme à une ambition légitime (capacités réelles de financement après l’effondrement des cours des hydrocarbures en 2014 ; complexité du développement de filières industrielles nouvelles etc.). Le recours à des partenariats judicieux et une meilleure gouvernance, à travers des schémas d’organisation modernes, innovants et efficients sont une partie de la solution.

Le programme des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique

Les objectifs du programme algérien des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique annoncés en 2011 (http://www.memalgeria.org/francais/uploads/enr/Programme_ENR_et_efficacite_energetique_fr.pdf) et actualisés en 2015 (voir communiqué du conseil des ministres du 24 mai 2015).

Les objectifs et la consistance du programme sont ambitieux et confèrent à celui-ci un caractère fortement volontariste. Dans son volet énergies renouvelables, le programme fait appel à toutes les sources et technologies d’énergies renouvelables actuellement disponibles (à l’exception de l’hydraulique), et prévoit l’installation, à l’horizon 2030, d’une capacité de production d’électricité d’origine renouvelable de 22 GW qui représentera une part de 27% (37% selon le communiqué du conseil des ministres du 24 mai 2015) dans le mix énergétique national. Le programme prévoit une phase de montée en régime entre 2015 et 2020 (4,5 GW) suivie d’un déploiement massif pour atteindre ses objectifs en 2030. Ce mix renouvelable est dominé par le solaire photovoltaïque
et l’éolien, le solaire thermique n’en représentant que 9%. Ces choix technologiques sont motivés par «la baisse des coûts des filières photovoltaïques et éoliennes qui s’affirment de plus en plus sur le marché pour constituer des filières viables à considérer et les coûts encore élevés de la filière CSP (solaire thermique) induisant une croissance très lente du développement de ce marché à travers le monde». Le volet efficacité énergétique du programme définit un objectif global de réduction de 9% de la consommation globale d’énergie à l’horizon 2030. Il s’agit donc d’une politique de maitrise de la demande en énergie et en électricité, notamment dans les secteurs les plus consommateurs d’énergie finale, à savoir le bâtiment, les transports et l’industrie. Les mesures phares du programme portent sur l’isolation thermique de 100 000 logements par an et la conversion de plus d’un million de véhicules particuliers et 20 000 autobus au GPL Carburant et au Gaz Naturel Carburant (GNC).

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