Si la pensée d’Ibn Khaldoun est incontournable quand il s’agit d’aborder la question de la ville, elle s’inscrit également dans une chronologie de développement des idées urbaines autour de la notion d’utopie, thème de la première partie de cet article. Dans une deuxième partie consacrée aux expériences architecturales rêvées et réalisées, il conviendra de souligner l’impact de sa réflexion dans l’élaboration de certains projets capables de réunir les conditions optimales de la notion de «Hadhara», c’est à dire bien être, savoir vivre et civilisation selon l’expression du philosophe et sociologue du XIVème siècle.

Quel rêve entreprendre pour ne pas se réveiller dans les vapeurs de l’échec quand on pense à l’avenir de nos villes et de notre planète, à l’avenir de l’humanité ? L’avis des experts scientifiques du climat est unanime : nous sommes aujourd’hui dans une impasse planétaire menaçante, celle du réchauffement et du dérèglement climatique dont les conséquences économiques, sociales et écologiques sont sans précèdent. Est-ce là au fond le grand échec de nos révolutions industrielles, échec économique et politique, culturel et social ?

Pourtant les rêves étaient là. Des rêves fous de développement industriel et de croissance démesurée tous azimuts mettant au coeur de leurs stratégies l’accumulation du profit et une démarche mercantile, au détriment des limites écologiques de notre écosystème et des droits fondamentaux de l’être humain. Des rêves qui ont façonné notre terre et nos esprits au risque de la détruire. La sonnette d’alarme relative à la catastrophe écologique a été tirée depuis longtemps par un grand nombre de personnalités et d’associations du monde environnemental, artistique et scientifique, social et politique. La prise de conscience internationale est bien là comme en témoigne l’organisation de la toute récente 21ème Conférence des parties sur le climat (COP21).

 

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