Un séisme et un tsunami dévastateurs frappaient le Japon

Quelques heures après, le photographe et réalisateur Olivier Bourgeois, auteur du fameux «Nous resterons sur terre», se rend à Morioka dans le Nord-Est de l’île principale. Durant son périple le long de la cote Est, il suit les traces du Tsunami et de ses conséquences douloureuses : Rikuzentakata, Minami Sanriku, Fukushima, Sendaï,… sont devenues des villes fantômes qui en portent les stigmates. Loin de l’immédiateté, Olivier Bourgeois propose dans ses photographies ce que Walker Evans définissait comme «l’exploration de ce qui est en train de s’évanouir dans l’histoire»,au travers de paysages désertés, portant les traces de la dégradation, de l’effacement, de la ruine. Dans l’absence d’êtres, dans le vide de ces espaces dévastés, les images d’Olivier Bourgeois renvoient indubitablement à l’humain.

Chaque image est une référence au quotidien de ces milliers de personnes absentes, dont on pressent qu’elles sont mortes, disparues, déplacées. Inversion des éléments, effacement des repères, renversement de la logique, anéantissement de l’illusion d’une quelconque maîtrise de l’homme. En marge de ce qu’il est convenu de nommer «photographie de reportage», les documents d’Olivier Bourgeois, hors de toute intention de coller à l’actualité comme de toute volonté d’esthétisation, décontextualisent la catastrophe de tout aspect événementiel.

Par la frontalité systématique des prises de vues, la neutralité et l’absence délibérée de contenu narratif, ses images participent de l’archive visuelle. Si, dans ses photographies, les stigmates du tsunami renvoient à la catastrophe naturelle, sous les coulées de boue et les destructions, elles suggèrent aussi tous les accidents industriels, scientifiques : Fukushima, Three Mile Island, Bhopal, Tchernobyl, AZF… Dans ces immensités ravagées, Olivier Bourgeois sonde la mémoire du bruit dans le silence de l’après – After Wave

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