Le 31 mars dernier,à Miami (Floride, USA), disparaissait à l’âge de 65 ans, l’architecte anglo-irakienne Zaha Hadid, victime d’une crise cardiaque. Couronnée de nombreux honneurs, elle avait reçu en 2015 la médaille d’or décernée par l’Institut royal des architectes britanniques (RIBA). Elle fut également la première femme, et première musulmane, à avoir reçu le prestigieux prix Pritzker en 2004. En 1972, Zaha Hadid avait choisi comme professeur et maître à penser à la prestigieuse école de l’Architectural Association (AA) Rem Koolhaas, qui parlera d’elle comme d’une «planète à l’inimitable orbite». Hocine Ali Benali rend hommage à cette muse de l’architecture contemporaine qui fut une des figures du déconstructivisme.

Architecte urbaniste irako-britannique, elle a su très tôt s’imposer et faire connaître et reconnaître son talent dès l’âge de 29 ans en 1979 quand elle quitte le cabinet de Rem Koolhaas son ancien professeur de la célèbre école de l’Architectural Association (AA), à Londres, «l’Académie des Frankenstein» qu’elle fréquenta de1972 à 1977, date à laquelle elle obtient son diplôme d’architecte après avoir quitté l’Université de Beyrouth où elle étudiait les mathématiques. Ses nombreux projets et sa virtuosité architecturale, sa renommée mondiale, feront d’elle la première femme à être récompensée du Pritzker Price en 2004 à l’âge de 54 ans et à recevoir dernièrement la médaille d’or royale d’architecture décernée par le Royal Institute of British Architects en 2016. Véritable génie en architecture et en design, Zaha Hadid a remporté plusieurs prix grâce à la force et à l’énergie de son travail d’avant garde, déployées depuis 1982.
En 2006, une rétrospective de son oeuvre lui est consacrée au musée Guggenheim de New York. Elle est le deuxième architecte à avoir bénéficié de cet honneur après le célèbre architecte américain déconstructiviste Frank Gehry.

Elle disait à juste titre durant la période ou elle enseignait dans de nombreuses écoles et universités dans le monde que : «L’architecture est d’avantgarde lorsqu’elle est tournée vers les usagers, qui sont trop souvent oubliés» ou encore : «Une architecture d’avant-garde transforme l’espace public en espace civique». Une conception et une vison dignes de ses prédécesseurs du mouvement moderne et constructiviste du XXe siècle dont elle tire des enseignements décisifs pour se construire une vision personnelle des arts et de l’architecture. «Ce qu’il y a d’unique dans son oeuvre, c’est la combinaison d’une énergie énorme, et d’une infinie délicatesse.» déclarait à
son sujet, son ancien mentor, Rem Koolhaas éminent architecte néerlandais du cabinet OMA. En effet, énergie et délicatesse, il y en a dans son travail ! Son coup de crayon ininterrompu et aérien, ses lignes tendues, accélérées, et ses angles aigus se fondent dans des formes aux courbures fluides, dessine des volumes originaux et légers, des superpositions

improbables et complexes et des porte- à-faux défiant la pesanteur. Ses formes sont souvent générées par le contexte de leur implantation, voire en osmose avec leur environnement, un ensemble d’éléments de sa démarche qui caractérise son langage plastique et la griffe de son expression artistique. Aussi est-il perceptible, bien sûr sans vouloir faire de sémiologisme, de lire dans la gestuelle particulière de ses dessins et de ses réalisations, en filigrane la forme de la première initiale de son prénom, le Z de Zaha.

 

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